Les Atlasses

Une mythologie entre vos mains

     Défaits par les dieux de l’Olympe, dans la mythologie grecque, les titans furent enfermés ensemble aux confins du réel. Tous, sauf Atlas, qui fut condamné, lui, à porter sur son dos le globe terrestre et tout ce qui y vit. C’est en référence à lui que l’on nomme « atlas » les collections de cartes, de représentations, de dessins de ce monde reposé sur ses gigantesques épaules. Les ateliers des Atlasses proposent des topographies de l’histoire des idées qui sont données comme des outils de pensée à parcourir et manier.

     La crise écologique et ses origines anthropiques semblent amener à ce constat : ce serait à nous, humains, qu’échoirait à présent la responsabilité écrasante de porter notre planète, notre propre foyer. Nous nous serions transformés de nous-mêmes en Atlas vacillant. Pour autant, nous n’avons pas son étoffe mythique, et nous ne sommes d’ailleurs pas un, mais une multitude : disséminés dans le temps et l’espace, dans l’histoire et les tensions géo-politiques.

     Les revendications et les travaux théoriques féministes ont fait émerger une diversité de figure de femmes. Une des plus connues est celle des femmes comme tenues au foyer et tenant ce foyer. Le domestique et les tâches de soin, dévalués malgré leur nécessité pour la vie humaine, sont un fardeau écrasant qui leur échoie encore de bien des manières.

     Enfin, tout comme Atlas est doté de la grandeur de sa figure mythique, les penseuses et penseurs, les constructions théoriques et les concepts qui sont abordés lors des ateliers des Atlasses sont des références. Mais c’est leur pluralité, leur conflictualité et la fréquentation régulière que l’on en fait qui font d’eux de véritables mythes : régulièrement réinvestis et pourvus d’une grande force opératoire. Nos Atlasses sont solides, puissantes et fiables, mais elles ne sont pas glacées.